Journée internationale des langues des signes

Journée internationale des langues des signes

La première Journée internationale des langues des signes a été célébrée le 23 septembre 2018 dans le cadre de la Semaine internationale des sourds. La Semaine internationale des sourds a été, elle, célébrée pour la première fois en septembre 1958 et a depuis évolué pour devenir un mouvement mondial et un plaidoyer concerté pour sensibiliser aux problèmes auxquels les sourds sont confrontés dans leur vie quotidienne.

Contexte

La création d’une Journée internationale des langues des signes a été initialement proposée par la Fédération mondiale des sourds (FMA), qui rassemble 135 associations nationales représentant environ 70 millions de sourds partout dans le monde.

Le but est de sensibiliser le public, de protéger l’identité linguistique et la diversité culturelle de toutes les personnes sourdes et malentendantes. Egalement de sensibiliser l’opinion publique à l’importance des langues des signes pour la pleine réalisation de ses droits fondamentaux. L’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé en 2017 la Journée internationale des langues des signes.

La Fédération mondiale des sourds a déclaré le thème suivant pour 2021 : « Nous signons pour les droits de l’homme ».  Chacun/chacune de nous – les sourds et les entendants du monde entier – peut promouvoir, main dans la main, la reconnaissance de notre droit à utiliser les langues des signes dans tous les domaines de la vie.

Selon la Fédération mondiale des sourds, il existe environ 70 millions de personnes sourdes dans le monde et 80 % d’entre elles vivent dans des pays en développement.

Les malentendants utilisent collectivement plus de 300 langues des signes différentes. Il s’agit de langues naturelles à part entière, structurellement distinctes des langues parlées. Une langue des signes internationale (LSI) – considérée comme un pidgin de langue des signes – est également utilisée lors de réunions entre groupes de différents pays ou de manière plus informelle lors de voyages.

En effet, la Convention relative aux droits des personnes handicapées reconnaît l’égalité entre les langues des signes et les langues parlées et engage les États parties à en faciliter le recours et l’apprentissage.

Dans sa résolution 72/161, elle met l’accent sur la nécessité de préserver les langues des signes en tant qu’éléments essentiels de la diversité linguistique et culturelle à l’échelle mondiale et de favoriser l’accès aux services et à une éducation de qualité dans ces langues.  Elle insiste notamment sur le principe de « Rien de ce qui nous concerne ne peut se faire sans nous », faisant référence à l’implication des communautés de personnes sourdes dans les activités qui les concernent.

La Journée internationale des langues des signes, célébrée chaque année le 23 septembre, est devenue un rendez-vous essentiel pour rappeler que la langue des signes est une langue à part entière, porteuse d’identité, de culture et de droits. Elle s’inscrit dans la Semaine internationale des sourds, lancée en 1958, qui est aujourd’hui un moment fort de mobilisation et de plaidoyer pour les communautés sourdes dans le monde entier.

Origine et reconnaissance officielle

L’idée de créer une Journée internationale des langues des signes vient de la Fédération mondiale des sourds (FMS/WFD), qui regroupe 135 associations nationales et représente environ 70 millions de personnes sourdes. L’objectif était clair : obtenir une date symbolique pour mettre en lumière la langue des signes, souvent invisibilisée, et rappeler qu’elle est un droit fondamental pour l’accès à l’éducation, à l’information et à la vie sociale.

En 2017, l’Assemblée générale des Nations Unies proclame officiellement le 23 septembre comme Journée internationale des langues des signes. Cette décision s’appuie notamment sur la Convention relative aux droits des personnes handicapées, qui reconnaît l’égalité entre langues des signes et langues orales et engage les États à en faciliter l’usage et l’apprentissage. La résolution 72/161 insiste aussi sur l’importance de préserver les langues des signes comme éléments essentiels de la diversité linguistique et culturelle mondiale.

Une diversité linguistique souvent méconnue

Contrairement à une idée reçue, il n’existe pas “une” langue des signes universelle, mais plus de 300 langues des signes différentes, chacune avec sa grammaire, son vocabulaire, ses variantes régionales. Comme pour les langues parlées, ces langues se sont construites dans des contextes culturels et historiques spécifiques, au contact des communautés sourdes locales. La Langue des Signes Française (LSF), par exemple, n’est pas la même que la British Sign Language (BSL) ou l’American Sign Language (ASL).

Il existe toutefois une forme de “langue des signes internationale” (LSI), utilisée comme pidgin lors de grands événements, de rencontres internationales ou entre sourds de pays différents. Elle permet une communication de base, mais ne remplace pas les langues des signes nationales, qui restent au cœur de l’identité linguistique des communautés.

 

“Rien de ce qui nous concerne ne peut se faire sans nous”

Un principe fort revient régulièrement dans les textes et les campagnes autour de cette journée : “Nothing about us without us” – “Rien de ce qui nous concerne ne peut se faire sans nous”. Cela signifie que les politiques, programmes et initiatives concernant les personnes sourdes doivent être élaborés avec elles, et pas uniquement pour elles.

La Fédération mondiale des sourds insiste sur l’importance de l’implication des communautés sourdes dans toutes les décisions qui touchent à l’éducation, aux médias, à la santé, à la culture, à l’accessibilité numérique. La langue des signes n’est pas qu’un outil technique de communication ; c’est un élément central de l’identité, de la dignité et de la participation citoyenne.

Les enjeux d’accessibilité au quotidien

La Journée internationale des langues des signes est l’occasion de parler très concrètement d’accessibilité. Pour beaucoup de personnes sourdes, l’accès à l’information reste encore très inégal :

  • peu de journaux télévisés ou d’émissions sont interprétés en langue des signes ;

  • les événements publics (conférences, réunions, spectacles) ne proposent pas systématiquement d’interprétation ;

  • les services essentiels (santé, justice, éducation, démarches administratives) ne sont pas toujours adaptés.

La Convention de l’ONU rappelle pourtant que l’accès à une éducation de qualité en langue des signes, à des services publics accessibles et à des médias sous-titrés ou signés fait partie des droits fondamentaux. La Journée internationale sert donc de rappel et de levier pour faire avancer ces questions auprès des États, des institutions et du grand public.

Éducation et petite enfance : un enjeu clé

L’un des enjeux majeurs concerne l’éducation des enfants sourds et malentendants. Longtemps, on a cherché à imposer exclusivement l’oralisation, en interdisant parfois la langue des signes à l’école, au nom d’une intégration supposée meilleure. Les témoignages et les recherches montrent pourtant l’importance de la langue des signes pour le développement cognitif, linguistique et social des enfants sourds.

Proposer un accès précoce à une langue visuelle, reconnue, structurée, permet à l’enfant de construire sa pensée, son identité, ses relations aux autres. La Journée internationale des langues des signes est l’occasion de rappeler que les familles doivent être accompagnées, informées, soutenues dans leurs choix, et que la langue des signes peut coexister avec d’autres modes de communication (oral, lecture labiale, aides techniques).

Médias, numérique et visibilité culturelle

Les langues des signes gagnent aussi en visibilité grâce aux médias et au numérique. Les réseaux sociaux, les plateformes vidéo, les blogs, les comptes Instagram ou TikTok tenus par des personnes sourdes ou des interprètes contribuent à faire découvrir cette langue au grand public. On voit émerger des contenus en LSF sur la culture, l’actualité, l’humour, l’éducation, la parentalité, la beauté, etc.

Des chaînes et plateformes proposent des magazines ou des programmes en langue des signes, parfois en version web, pour toucher un public plus large. Chaque initiative de ce type participe à normaliser la présence de la langue des signes dans l’espace public, à casser l’idée qu’elle serait cantonnée à des contextes “spécialisés”.

Comment participer à la Journée internationale des langues des signes ?

Même sans être soi-même sourd ou signant, il existe de nombreuses façons de s’associer à cette journée :

  • relayer les campagnes et visuels de la Fédération mondiale des sourds ou des associations locales ;

  • partager des contenus en langue des signes, des témoignages, des ressources ;

  • s’inscrire à une initiation à la LSF, à un atelier de découverte ou à un cours plus long ;

  • encourager son entreprise, son école, sa collectivité à inviter un interprète ou à proposer une sensibilisation ;

  • soutenir les associations de personnes sourdes par le bénévolat, les dons, la participation à des événements.

Pour un blog comme le tien, c’est aussi l’occasion de donner la parole à des personnes sourdes, à des parents d’enfants sourds, à des interprètes, à des enseignants en LSF, et de créer des passerelles entre tes thématiques (famille, lifestyle, culture, inclusion) et cette question de la langue.

Langue des signes et parentalité : ouvrir le champ des possibles

Dans l’univers des familles et des jumeaux, la langue des signes peut aussi trouver sa place, même en dehors du handicap auditif. De plus en plus de parents s’initient à quelques signes pour communiquer avec leurs bébés avant l’apparition de la parole (baby signs), faciliter l’expression des émotions, apaiser certaines frustrations. Cette pratique ne remplace pas la parole, mais propose une passerelle visuelle qui peut être particulièrement utile avec des jumeaux, qui vivent une relation très dense dès les premiers mois.

La Journée internationale des langues des signes peut ainsi être l’occasion de parler de ces usages plus larges, de montrer que la langue des signes n’appartient pas qu’aux personnes sourdes, mais qu’elle peut enrichir la communication au sein de toutes les familles. Tout en restant très clair sur le fait que la LSF est d’abord et avant tout la langue d’une communauté, avec son histoire et ses luttes.

Une journée pour célébrer une langue vivante

Au fond, cette journée du 23 septembre est avant tout une célébration : celle d’une langue vivante, riche, expressive, qui permet à des millions de personnes de penser, d’aimer, d’apprendre, de travailler, de militer, de créer. Elle rappelle que la diversité linguistique ne se joue pas seulement entre français, anglais, espagnol ou mandarin, mais aussi entre langues orales et langues signées.

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Cet article a 3 commentaires

  1. Matatoune

    Important cette journée ! Avant on imposait aux sourds et malentendants la verbalisation à tout prix. Enfin on a reconnu une identité culturelle et une spécificité à cette partie de la population. Merci de mettre en lumière cette célébration !

    1. lesjumelles13

      Merci beaucoup ! C’est important de mettre avant cet événement et surtout de parler et informer que cette belle langue des signes existe !

  2. Priti

    Wow it’s really a good news . Through this programme the cultural identity of about 70 million of deaf people can be protect. Very informative blog. Loved to read it. Thank you for sharing ☺️😊🌷

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