Interview de Thomas Pesquet au bord de l’ISS
Au cours de la conférence de presse l’interview que Thomas Pesquet au bord de l’ISS a donné le vendredi 30 avril, le spationaute est revenu sur le déroulement du voyage vers la Station spatiale à bord de la capsule Dragon de SpaceX et sur sa première semaine de travail.
C’est parti : la mission « Alpha » a commencé. Thomas Pesquet au bord de l’ISS n’a pas tardé à se mettre au travail après 26 heures de vol à bord du Crew Dragon. Vendredi 30 avril, il nous a donné quelques nouvelles de l’espace lors d’une conférence de presse, organisée peu de temps après son arrivée dans la Station spatiale internationale (ISS).
Ce que l’interview nous apprend sur la vie à bord
À travers ses réponses, Thomas Pesquet ouvre une fenêtre rare sur la réalité du quotidien dans l’ISS. Il évoque une « deuxième maison » où l’on retrouve des amis, des habitudes, mais aussi une charge de travail importante avec plus de cent expériences à mener, dont plusieurs pour le CNES.
On comprend également que la station est un lieu très technique, mais aussi très humain : il faut apprendre à partager les espaces, respecter l’intimité de chacun et s’organiser à onze personnes avec seulement six couchettes et deux toilettes. Derrière les images spectaculaires de la Terre vue de l’espace, il y a donc une vraie logistique de colocation et une discipline quotidienne, comme les séances de nettoyage du samedi matin pour désinfecter toutes les surfaces.
Un témoignage concret sur les risques et la sécurité
L’épisode de l’alerte débris, finalement due à une simulation qui n’aurait pas dû remonter jusqu’à la NASA, montre à quel point la sécurité est au cœur des missions spatiales. En quelques minutes, l’équipage doit ranger la cabine, remettre ses combinaisons, s’installer et se sangler, alors que ces procédures prennent normalement beaucoup plus de temps.
Thomas Pesquet relativise cependant le danger en expliquant que les plus gros débris sont suivis de près et que plusieurs agences, dont l’ESA, travaillent à limiter leur production et à mettre en place des accords internationaux. C’est une façon simple d’aborder avec les enfants la question de la pollution spatiale, souvent méconnue, tout en montrant que des solutions sont recherchées.
Des expériences qui parlent aux enfants (mini-cerveaux et blob)
L’interview est aussi un excellent point de départ pour faire découvrir la recherche scientifique aux plus jeunes. Thomas Pesquet parle par exemple d’une expérience avec des mini-cerveaux, basés sur des cellules souches humaines, qu’il présente comme de la « science-fiction ». Il décrit également le fameux blob, cet organisme étonnant capable d’apprendre sans cerveau, qui a fait l’objet d’un projet pédagogique suivi par de nombreuses classes en France.
Tu peux t’appuyer sur ces exemples pour proposer aux enfants des activités : chercher ce qu’est un blob, le dessiner, ou imaginer quelles expériences ils mèneraient eux-mêmes s’ils étaient astronautes. Cela permet de relier l’interview, très technique à l’origine, à ton univers de blog familial et à la curiosité naturelle des jumeaux.
Une source d’inspiration pour parler de persévérance
Même si ton article est centré sur l’interview, les propos de Thomas Pesquet permettent de rappeler le niveau d’engagement nécessaire pour devenir astronaute. Il évoque les sorties extravéhiculaires, la rigueur de l’entraînement, la gestion de la fatigue ou encore l’adaptation au sommeil en apesanteur.
Tu peux ajouter un angle plus personnel : expliquer aux lecteurs que derrière ce décor futuriste, il y a surtout des années d’efforts, d’études et de travail d’équipe. C’est un beau message à transmettre aux enfants : les rêves les plus impressionnants se construisent pas à pas, avec de la persévérance, de la curiosité et une bonne dose de coopération.
Voici la retranscription des meilleurs moments de la conférence de presse.
Quel effet cela fait de se retrouver à la maison et comment tu envisages la mission Alpha par rapport à la mission Proxima ?
Thomas Pesquet : « C’est un vrai plaisir d’être ici, c’est un peu comme ma deuxième maison. J’ai retrouvé des amis, des habitudes. Depuis plus d’une semaine je suis sur une expérience scientifique du Centre national d’études spatiales (Cnes) : GRIP. »
Comment s’est passé le décollage et comment avez-vous géré l’alerte débris ?
Thomas Pesquet : « Si on aime les manèges de foires et les sensations fortes, un décollage en fusée c’est ce qu’on peut faire de mieux, c’était vraiment un bon moment, on avait tous un énorme sourire parce que les sensations sont phénoménales. »
« Le décollage était confortable et spacieux. La capsule Crew Dragon, c’est comme une voiture moderne avec des écrans plats tactiles et des rangements cachés et intégrés. Tout est fait pour que ce soit joli, c’est une volonté de SpaceX. Normalement dans le spatial, on a l’habitude des choses moches et fonctionnelles. »
« Concernant l’alerte débris, il se trouve que finalement, c’était un faux débris : une simulation de l’USSF (United States Space Force) qui est arrivé jusqu’à la Nasa, ce qui n’aurait pas dû arriver. Mais c’était un bon exercice. On nous a demandé de nous préparer en 20 minutes : ranger la cabine, puis être tous sanglés dans nos sièges avec nos casques. Normalement cela peut prendre jusqu’à 50 minutes, mais nous avons quand même réussi. »
« Les débris ne sont pas particulièrement une menace. Il y a eu des micro-impacts visibles sur la station, mais ils sont vraiment tout petits. Les plus gros débris sont sur une autre orbite et ils sont très surveillés. Aussi, l’Agence spatiale européenne (ESA) essaye de ne pas en produire, il existe notamment des initiatives pour éviter cela, il y a même des accords internationaux. »
Quel est le moment de la mission que vous appréhendez le plus ? Que ce soit une expérience ou un moment personnel ?
Thomas Pesquet : « J’ai eu la chance de faire deux sorties extra-véhiculaires pendant ma première mission et c’est encore plus incroyable que d’évoluer à l’intérieur. Quatre sorties extra-véhiculaires sont prévues pendant cette mission notamment pour installer de nouveaux panneaux solaires. Mais les sorties servent plus à entretenir l’ISS, il a 132 expériences à faire dont 12 venant du Cnes. »
Comment vivez- vous cette grande colocation, étant donné que l’ISS est très peuplée ?
« En ce moment, il y a beaucoup de monde dans la station ; 11 personnes. Mais ce n’est pas le record. Il y a seulement six couchettes donc cinq personnes campent. Après, ce n’est pas un problème, les astronautes sont sélectionnés et entraînés pour ça. Nous faisons des stages en spéléologie et des missions sous-marines pour s’entraîner. Cependant, la chose la plus difficile c’est qu’il y a seulement deux toilettes. Mais une troisième devrait être construite pendant la mission. »
Est-ce que dans la station vous avez instauré des rituels, des interdits, des règles ?
Thomas Pesquet : « Il y a beaucoup de vétérans dans cet équipage, ils sont habitués. L’important c’est de laisser aux gens leur espace personnel. »
Avec la pandémie, le programme des expériences scientifiques a-t-il évolué ?
Thomas Pesquet : « Les programmes sont décidés plusieurs années à l’avance, donc il n’y a pas d’expérience liée spécifiquement à la pandémie. Cependant, il y a de nombreuses expériences liées au système immunitaire, qui permettraient, par exemple, de lutter contre le cancer ou les infections. »
« Pendant ma précédente mission d’autres expériences consistaient à tester des surfaces anti-bactériennes, censées, lorsqu’il y a contact, ne pas retenir les microbes ou virus. Ces éléments sont importants dans l’ISS, car il faut l’entretenir. Tous les samedis matin, il faut désinfecter toutes les surfaces que nous touchons, comme les railles blues au mur qui nous permettent de circuler. Mais dans un métro, un aéroport ou un hôpital, cette technologie permettrait d’empêcher tout de suite la propagation d’un virus. »
Comment gérez-vous votre rythme de sommeil étant donné qu’il y a 16 levers de soleil ?
Thomas Pesquet : « Ma capacité numéro un c’est de toujours arriver à dormir sans problème. Pour certaines personnes, dormir en flottant dans un sac de couchage, ce n’est pas facile, mais on s’y habitue. Je trouve ça personnellement plutôt agréable et reposant, car mes muscles sont complètement détendus. »
Quelle est votre expérience la plus attendue ?
Thomas Pesquet : « Une expérience du Cnes avec des mini-cerveaux, c’est vraiment de la science-fiction, on va étudier le comportement de cellules souches de cerveaux humains. J’ai hâte de jouer au savant fou avec eux. Il y a aussi une expérience avec un blob, qui aura un but éducatif. »
Quid d’une coopération entre la nouvelle Station spatiale chinoise et la Station spatiale internationale ?
Thomas Pesquet : « Pour l’instant rien n’est sûr, il n’y a pas encore de volonté politique. Mais ce qui est certain c’est que nous avons un but commun : retourner sur la Lune, pour aller vers Mars. Donc on aura besoin de tout le monde y compris du privé. Il y a plus qu’à travailler. On se donne rendez-vous dans quelques années ».
Cette interview de Thomas Pesquet au bord de l’ISS est bien plus qu’un simple échange médiatique : c’est une porte ouverte sur la vie réelle d’un astronaute, entre contraintes techniques, risques maîtrisés, curiosité scientifique et émerveillement face à la Terre. Pour nos enfants, et particulièrement pour les jumeaux et jumelles qui grandissent avec la tête dans les étoiles, ces récits rendent l’espace concret, accessible et inspirant. En tant que parents, nous pouvons nous appuyer sur ces témoignages pour nourrir leurs rêves, encourager leur goût pour les sciences et leur montrer que, derrière chaque mission spatiale, il y a surtout beaucoup de travail d’équipe, de persévérance et d’envie de comprendre le monde.

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