La comète

La comète C/2022 E3 (ZTF) 

Une comète

Toujours un un peu d’astronomie. Un autre partage d’article, cette fois ci pas sur une personne astronaute mais sur un moment privilégier que tu peux voir dans le ciel. Un phénomène qui ne s’était pas produit depuis plus de 50 000 ans. C’est peut être pour vous l’occasion de la voir ! La comète C/2022 E3 (ZTF) à voir dans le ciel mais avec des jumelles.

À peine 50 000 ans après son dernier passage, la comète C/2022 E3 (ZTF) est de nouveau observable depuis la Terre – du moins à partir de ce samedi 21 janvier. Voici quelques trucs à savoir avant de sortir vos jumelles.

L’astre a été observé à proximité de la Terre pour la dernière fois il y a 50.000 ans. Elle est visible ce mois-ci sans télescope dans des zones rurales, à proximité de la Petite Ourse.

Photo de la comète Neowise prise dans l’état de Washington en 2020.Photo: Tero Patana, iStock

Un événement

Un événement peu fréquent, qui ne s’était pas produit depuis très longtemps. La comète C/2022 E3 (ZTF), observée à proximité de la Terre pour la dernière fois il y a 50.000 ans, va être visible avec de simples jumelles ce week-end et ce jusqu’à la fin du mois, selon la Nasa.

« La comète C/2022 E3 (ZTF) est visible avec des jumelles ou un petit télescope dans le ciel avant l’aube pour les observateurs de l’hémisphère nord », indique l’agence spatiale sur son site.

Le spectacle sera visible exclusivement de nuit, voire plutôt « en milieu de nuit » à partir du 25 janvier prochain « une fois la Lune couchée », selon la revue Ciel et Espacequi a répertorié plus de 150 lieux en France où la pollution lumineuse est faible . Le média ajoute qu’elle sera visible dans le ciel à proximité de la Petite Ourse.

1 février, au plus proche de la Terre

La comète C/2022 E3 (ZTF) à voir dans le ciel. La comète, dont le diamètre est estimé à environ 1 kilomètre, a été découverte en mars 2022 par le programme américain de relevé astronomique du ciel Zwicky Transient Facility (ZTF) qui exploite le télescope Samuel-Oschin de l’Observatoire Palomar, en Californie.

D’où vient la comète C/2022 E3 (ZTF) ?

C/2022 E3 (ZTF) ne sort pas de nulle part : comme beaucoup de comètes dites « à longue période », elle vient des confins du système solaire, d’une région appelée le nuage de Oort. Ce gigantesque réservoir de blocs glacés entoure le système solaire très loin au-delà de l’orbite de Pluton, et certaines perturbations gravitationnelles y projettent parfois des comètes vers le Soleil.

Les premières estimations la présentaient comme une comète à période d’environ 50 000 ans, ce qui veut dire qu’elle aurait mis près de 50 millénaires pour faire un tour complet autour du Soleil. Mais des calculs plus récents, basés sur de nombreuses observations, ont montré que son orbite est en réalité très proche d’une hyperbole, ce qui signifie qu’après ce passage, elle sera probablement définitivement éjectée du système solaire interne et ne reviendra plus jamais nous rendre visite.

Autrement dit, ce que nous avons vécu en janvier–février 2023 avec C/2022 E3 était très probablement un rendez-vous unique dans l’histoire de l’humanité… et dans la vie de nos enfants.


Le calendrier de son passage près du Soleil et de la Terre

La comète a été découverte en mars 2022 par le programme Zwicky Transient Facility, alors qu’elle venait de croiser l’orbite de Jupiter et se rapprochait doucement du Soleil. Elle se trouvait alors à environ 4,3 unités astronomiques de notre étoile (une unité astronomique correspondant à la distance Terre–Soleil).

Elle est passée au périhélie, c’est-à-dire au point de son orbite le plus proche du Soleil, le 12 janvier 2023 à une distance d’environ 1,11 unité astronomique, soit environ 166 millions de kilomètres. Puis elle a continué à se rapprocher de la Terre et est passée au plus près de notre planète le 1er février 2023, à un peu plus de 0,28 unité astronomique, soit autour de 42–43 millions de kilomètres.

C’est autour de cette période, entre la fin janvier et le début février, qu’elle a atteint sa luminosité maximale, avec une magnitude avoisinant 5, ce qui la rendait théoriquement visible à l’œil nu sous un ciel très sombre, et facilement visible aux jumelles. Cela explique pourquoi les recommandations insistent autant sur la nécessité de s’éloigner des villes et de leur pollution lumineuse.


Où se trouvait la comète dans le ciel ?

Ce qui est fascinant avec une comète, c’est qu’elle se déplace d’une nuit à l’autre sur la voûte céleste. C/2022 E3 a traversé le ciel d’hiver sur une trajectoire presque nord–sud pendant les mois de février et mars 2023.

Pour les observateurs en France, elle était visible vers le nord à la fin janvier, entre les constellations du Dragon, de la Petite Ourse et de la Grande Ourse, et elle est passée à seulement une dizaine de degrés de l’étoile Polaire autour du 30–31 janvier. Ensuite, début février, on pouvait la trouver entre les constellations de la Girafe, du Lynx et du Cocher, avant qu’elle ne poursuive sa route vers le Taureau puis l’Éridan.

Ces noms de constellations peuvent sembler un peu abstraits pour les enfants, mais ils peuvent devenir un jeu : chercher la Petite Ourse, repérer la Grande Ourse, suivre la trace imaginaire de la comète sur un petit plan du ciel imprimé ou sur une application d’astronomie.


Pourquoi on parlait d’une « comète verte » ?

Beaucoup de médias ont surnommé C/2022 E3 « la comète verte ». Cette couleur vient notamment de la présence de gaz comme le carbone diatomique ou le cyanogène dans la chevelure de la comète, qui émettent une lumière verdâtre lorsqu’ils sont excités par le rayonnement solaire.

Sur les photos prises avec des poses longues, cette teinte est souvent très visible, tandis qu’à l’œil nu ou aux jumelles, la comète apparaît plutôt comme une petite tache floue, plus ou moins lumineuse, avec parfois une queue à peine discernable. C’est l’occasion d’expliquer aux enfants que notre œil n’est pas aussi sensible que les capteurs des appareils photo, et que le ciel dévoile souvent beaucoup plus de détails sur les images que ce que l’on perçoit en direct.

Ce contraste entre la réalité de l’observation et le rendu des photos peut d’ailleurs être un sujet de discussion intéressant : ce n’est pas parce que l’on ne voit pas un vert intense à l’œil nu que la comète n’est pas là, ni que l’expérience n’est pas magique.


Comment l’observer avec des jumelles ou un petit télescope

La Nasa comme les organismes d’astronomie français ont rapidement indiqué que C/2022 E3 pouvait être vue avec de simples jumelles ou un petit télescope, surtout avant l’aube ou en milieu de nuit, une fois la Lune couchée.

Pour une observation en famille, quelques conseils simples :

  • Se rendre dans un endroit le plus sombre possible, loin des éclairages de rue et des grandes villes.
  • Laisser les yeux s’habituer à l’obscurité pendant au moins 10 à 15 minutes sans regarder d’écrans trop lumineux.
  • Utiliser des jumelles 7×50 ou 10×50 (mais n’importe quelles jumelles familiales peuvent déjà aider) et balayer doucement la zone du ciel indiquée par les cartes ou les applications.
  • Expliquer aux enfants qu’ils doivent regarder une petite tache un peu floue, pas un objet aussi évident qu’une étoile brillante ou la Lune.

On peut aussi transformer la soirée en activité complète : imprimer une carte du ciel, tracer la trajectoire de la comète à la main, noter l’heure d’observation, dessiner ensemble ce que chacun a vu.


Une occasion rêvée pour parler d’astronomie avec les enfants

Même si la comète ne se voit pas « aussi bien que sur les photos » ou que la météo vient parfois gâcher la fête, ce type d’événement est une formidable excuse pour parler du ciel avec les enfants.

Tu peux par exemple :

  • Replacer la comète dans le système solaire, en expliquant qu’elle vient de très loin et qu’elle ne repassera probablement jamais.
  • Comparer la comète à d’autres objets qu’ils connaissent déjà : la Lune, les planètes, les étoiles filantes.
  • Leur montrer où se trouve la Petite Ourse, l’étoile Polaire, et pourquoi ces repères sont utiles pour se diriger.
  • Leur faire imaginer à quoi ressemblait la Terre lors de son dernier passage, il y a 50 000 ans : des mammouths, des hommes préhistoriques, aucune ville ni lumière artificielle.

Pour des jumeaux, on peut même en faire un petit défi à deux : qui repère la comète en premier aux jumelles ? qui dessine le mieux sa forme ? qui se souvient du nom « C/2022 E3 (ZTF) » sans se tromper ?


Ce que les scientifiques apprennent grâce à cette comète

Au-delà de la beauté du spectacle, les comètes comme C/2022 E3 intéressent énormément les astronomes. Elles sont considérées comme des « reliques » de la formation du système solaire, des blocs de glace et de poussières qui ont très peu changé depuis plus de 4 milliards d’années.

En étudiant leur composition, leur trajectoire et leur activité (la façon dont elles dégazent en se rapprochant du Soleil), les scientifiques obtiennent des indices sur la manière dont les planètes se sont formées, et peut-être sur la façon dont l’eau et certaines molécules organiques ont été apportées sur la Terre primitive. C/2022 E3, avec sa trajectoire particulière et le fait qu’elle soit certainement éjectée du système solaire après ce passage, est un messager précieux venu des régions lointaines qui entourent notre étoile.

C’est un point que tu peux évoquer dans ton article pour donner une dimension plus scientifique, tout en restant accessible : expliquer que, lorsque l’on regarde une comète, on ne voit pas seulement un « joli nuage », mais aussi un morceau d’histoire très ancienne de notre système solaire.


Garder une trace de ce moment unique

Même si l’événement est terminé, ton article peut continuer à vivre longtemps dans les résultats de recherche, surtout auprès des personnes qui découvriront la comète en photo ou qui entendront parler d’elle après coup. Tu peux encourager tes lecteurs à :

  • Garder les dessins ou les notes prises avec leurs enfants ce soir-là.
  • Imprimer une photo de la comète, réalisée par un observatoire ou un astrophotographe, et l’afficher dans la chambre des enfants.​
  • Noter la date de ce passage dans un carnet « d’astronomie de famille », avec d’autres événements comme les éclipses, les super Lunes ou les pluies d’étoiles filantes.

Cela ancre l’astronomie dans leur histoire personnelle : plus tard, ils pourront dire qu’ils ont essayé de voir cette comète « qui ne reviendra jamais », et ce genre de souvenir compte autant que l’observation en elle-même.

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