Initiation à la langue des signes

Nous avions écrit un article sur la langue des signes récemment, nous espérons qu’il vous a plu. Voici un nouvel article sur la langue des signes avec plus d’informations, en commençant par l’alphabet et la grammaire. 🙂

Connaissez-vous l’alphabet ? 😉 un petit tableau récapitulatif LSF:

LSF
Initiation à la langue des signes
Alphabet
Un petit rappel sur les signes quotidiens 😉
LSF Initiation à la langue des signes
Merci
Passons à la grammaire :
  • Les temps du verbe n’existent pas, en LSF, on précise seulement le moment où se déroule l’action (hier pour le passé, aujourd’hui pour le présent, après ou demain pour le futur). Mais le temps est donné par la position du corps et en particulier de l’épaule de la main maîtresse. Le positionnement des signes par rapport au corps (plus ou moins éloignés) donne aussi l’idée du temps (passé, présent, futur).
  • La date exacte est ensuite posée par le signeur si nécessaire (il y a deux ans, hier, tout à l’heure, demain, dans un mois, ..). L’ordre des signes est inversé. Le verbe se met généralement en fin de phrase. En premier, on met toujours les compléments circonstanciels de temps, de lieu. C’est une logique très visuelle.
    Enfin, comme nous l’avons déjà mentionné, le corps et les mimiques du visage sont très importants et renseignent l’interlocuteur sur le type de phrase.
  • L’alphabet dactylographique consiste à représenter chaque lettre de l’alphabet par une position définie des doigts de la main (droite pour les droitiers et gauche pour les gauchers). Cet alphabet ne sert qu’à épeler des mots inconnus (noms de villes, prénoms, etc.). Le prénom des personnes est toujours épelé avec la dactylologie (l’alphabet de sourds que l’on signe avec la main).
    Pour information, en entrant dans une communauté sourde, il est d’usage de recevoir un surnom, un prénom qui se fait en un seul geste. Ce nouveau nom s’attribue généralement en fonction du caractère de la personne qui semble la plus importante !
Un peu d’histoire sur la LSF :

C’est l’abbé Charles Michel de l’Épée (1712-1789) qui fonda au 18e siècle la première école publique destinée aux personnes sourdes. Son système éducatif va se fonder sur les signes naturels qu’il a pu observer chez les sourds qu’il rencontre, les signes méthodiques et la dactylologie (langage gestuel) dont il se sert pour l’enseignement du français.

LSF Initiation à la langue des signes

Il a initié la recherche sur un langage de signes méthodiques utilisables par les personnes atteintes de surdité, afin de lier ces signes avec le français écrit, commettant peut-être l’erreur, comme l’a souligné Ferdinand Berthier, de vouloir assimiler la structure syntaxique du français à celle de la gestuelle des sourds. Le regroupement des élèves sourds dans son institution, après sa mort, sentant le besoin de communiquer entre eux, a eu pour effet de favoriser et perfectionner la langue des signes française (LSF).

La langue des signes française, une langue à part entière

Ce qui surprend souvent quand on découvre la LSF, c’est de réaliser à quel point on a longtemps sous-estimé sa richesse. La langue des signes française n’est pas une simple gestuelle ou un « français mimé » : c’est une véritable langue, avec sa propre grammaire, sa syntaxe et sa structure, totalement indépendante du français parlé. Elle a d’ailleurs été officiellement reconnue comme langue à part entière il y a une vingtaine d’années seulement, une reconnaissance tardive au regard de son ancienneté et de son importance pour la communauté sourde.

Autre particularité fascinante : la LSF serait la seule langue au monde à s’exprimer véritablement en trois dimensions, mobilisant à la fois les mains, les expressions du visage et la posture du corps pour transmettre du sens. C’est justement cette dimension visuelle et corporelle qui la rend si différente à apprendre, comparée à une langue orale classique.

Par où commencer quand on débute ?

Pour toute personne qui souhaite s’initier à la LSF, la première étape passe généralement par l’apprentissage de l’alphabet signé, indispensable pour épeler des mots ou des noms propres, ainsi que par un premier socle de vocabulaire courant : les salutations, la famille, les couleurs, les besoins du quotidien. La plupart des parcours d’initiation démarrent ainsi avec une trentaine de signes de base, avant d’enrichir progressivement le vocabulaire.

Il existe aujourd’hui de nombreuses façons de s’initier, adaptées à tous les budgets et emplois du temps : des parcours d’e-learning gratuits permettant d’apprendre par courtes sessions de 15 à 20 minutes, des formations plus complètes éligibles au CPF pour celles et ceux qui souhaitent aller plus loin, ou encore des ressources vidéo disponibles gratuitement en ligne.

Pourquoi les livres seuls ne suffisent pas

Un point essentiel à avoir en tête si vous débutez : contrairement à une langue étrangère classique, la LSF est très difficile à apprendre uniquement à travers des livres ou des supports statiques. Puisqu’il s’agit d’une langue en mouvement, où l’expression du visage et la dynamique du geste comptent tout autant que la forme de la main, l’apprentissage par la vidéo ou par la pratique directe reste largement préférable à la simple lecture d’un ouvrage.

C’est pour cette raison que la plupart des ressources sérieuses aujourd’hui misent sur des formats interactifs : vidéos explicatives, quiz intégrés pour tester sa mémorisation, ou encore dictionnaires en ligne permettant de rechercher un mot et de visualiser immédiatement le signe correspondant en vidéo.

Le chant signé, une façon originale de pratiquer

Parmi les méthodes les plus originales pour s’initier à la LSF, on retrouve le chansigne, qui consiste à adapter une chanson en langue des signes. Au-delà de son utilité pour permettre aux personnes malentendantes de comprendre les paroles d’un morceau, c’est aussi devenu une véritable pratique artistique à part entière, offrant une façon ludique et poétique de se familiariser avec les bases de la LSF tout en découvrant une chanson sous un angle totalement nouveau.

Une démarche accessible à toutes et tous

Contrairement à une idée reçue encore répandue, s’initier à la LSF n’est absolument pas réservé aux parents d’enfants sourds ou aux professionnels amenés à côtoyer la communauté sourde dans leur travail. C’est une démarche ouverte à toutes les personnes curieuses de découvrir un nouveau mode de communication, que ce soit par intérêt personnel, par envie d’ouverture vers une autre culture, ou simplement pour le plaisir d’apprendre une langue radicalement différente de celles que l’on connaît habituellement.

Notre avis sur cette démarche

S’initier à la langue des signes, c’est avant tout faire un pas vers une communication plus inclusive, tout en découvrant une langue d’une richesse insoupçonnée. Même quelques signes de base peuvent déjà faire une vraie différence dans un échange avec une personne sourde ou malentendante.

Et vous, avez-vous déjà tenté de vous initier à la LSF ? Dites-nous en commentaire si le sujet vous intéresse !

Bonne visite les jum’s

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