Le taux de gémellité en France a explosé de 73% depuis 1980. Aujourd’hui, près d’une naissance sur 50 concerne des jumeaux, contre une sur 90 il y a quarante ans. Cette augmentation spectaculaire des naissances gémellaires transforme profondément le paysage démographique français.
En 2026, environ 14 000 jumeaux naissent chaque année en France, soit un taux de 1,9% contre seulement 1,1% en 1980. Mais pourquoi cette explosion de la gémellité ? Cette croissance n’est pas le fruit du hasard.
Le développement de l’assistance médicale à la procréation, notamment la fécondation in vitro jumeaux, combiné à l’élévation de l’âge maternel et aux problématiques de fertilité, explique à lui seul plus de 90% de cette augmentation remarquable. Les statistiques jumeaux France révèlent une tendance qui contraste même avec la baisse globale du taux de natalité français.
Si vous attendez des jumeaux ou vous intéressez à ce phénomène fascinant, comprendre les raisons de cette augmentation vous permettra de mieux appréhender votre propre situation et l’environnement dans lequel vos jumeaux grandissent.
Cet article analyse en profondeur cette évolution spectaculaire, ses causes multiples et ses implications pour l’avenir des familles françaises.
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Évolution de la Gémellité en France : Chiffres Clés 1980-2026
Les statistiques qui parlent d’elles-mêmes
Les chiffres de l’Institut National de la Statistique et des Études Économiques (INSEE) et de l’Institut National d’Études Démographiques (INED) révèlent une tendance spectaculaire. En 1980, on comptait environ 9 000 naissances gémellaires en France, représentant 1,1% de l’ensemble des naissances. En 2000, ce nombre était passé à 11 500 naissances, soit 1,5% des naissances totales. En 2020, les statistiques atteignaient près de 13 500 naissances gémellaires, représentant environ 1,8% de toutes les naissances.
En 2025, selon les données préliminaires, on estime à environ 14 000 le nombre de naissances de jumeaux en France, soit un taux de gémellité de 1,9%. Cette progression constante signifie qu’aujourd’hui, près d’une naissance sur 50 concerne des jumeaux, contre une sur 90 il y a quarante ans. Le doublement du taux absolu cache toutefois des réalités différentes selon le type de gémellité.
Tableau comparatif : évolution du taux de gémellité (1980-2025)
| Année | Nombre naissances gémellaires | Naissances totales | Taux de gémellité | Augmentation vs 1980 |
|---|---|---|---|---|
| 1980 | ~9 000 | ~800 000 | 1,1% | Référence |
| 1985 | ~9 500 | ~768 000 | 1,2% | +9% |
| 1990 | ~10 200 | ~762 000 | 1,3% | +18% |
| 1995 | ~10 800 | ~729 000 | 1,5% | +36% |
| 2000 | ~11 500 | ~778 000 | 1,5% | +36% |
| 2005 | ~12 300 | ~774 000 | 1,6% | +45% |
| 2010 | ~13 000 | ~802 000 | 1,6% | +45% |
| 2015 | ~13 200 | ~760 000 | 1,7% | +55% |
| 2020 | ~13 500 | ~740 000 | 1,8% | +64% |
| 2025* | ~14 000 | ~735 000 | 1,9% | +73% |
*Estimations 2025
Source : INSEE, INED, données consolidées et estimations 2025
– INSEE – statistiques démographiques – INED – études sur la gémellitéCette croissance n’est pas linéaire : elle a été particulièrement marquée entre 1980 et 2000, s’est légèrement stabilisée dans les années 2000-2010, puis a repris sa progression ces dernières années. Cette courbe suit d’ailleurs presque parfaitement celle du développement de la procréation médicalement assistée en France.
Ces statistiques jumeaux France révèlent une tendance qui contraste avec l’évolution globale du taux de natalité français. Alors que le nombre total de naissances annuelles a diminué de 8% entre 1980 et 2025 (passant de 800 000 à 735 000), les naissances gémellaires ont bondi de 73%, passant de 9 000 à 14 000. Cette dynamique inverse témoigne de transformations profondes dans les pratiques reproductives et les problématiques de fertilité rencontrées par les couples français.
L’assistance médicale à la procréation, en particulier la fécondation in vitro jumeaux, joue un rôle déterminant dans cette évolution : elle représente désormais 25 à 30% de toutes les naissances gémellaires, alors qu’elle était quasi inexistante en 1980.
Comparaison internationale : la France dans la moyenne européenne
La France n’est pas un cas isolé. L’ensemble des pays développés connaissent une augmentation similaire de la gémellité, avec toutefois des variations significatives. Les États-Unis ont connu une augmentation encore plus spectaculaire, passant d’un taux de 1,9% en 1980 à près de 3,3% en 2020. Les Pays-Bas détiennent le record européen avec un taux dépassant 2% dès 2010.
Cette convergence internationale suggère des causes communes liées au développement économique et médical plutôt qu’à des facteurs génétiques ou culturels spécifiquement français. Les pays en développement, où l’accès à la PMA reste limité et où l’âge maternel demeure plus jeune, connaissent une augmentation bien plus modeste, confirmant le rôle central de ces deux facteurs.
Cette convergence internationale des statistiques jumeaux suggère des causes communes liées au développement économique, médical et aux évolutions du taux de natalité plutôt qu’à des facteurs génétiques ou culturels spécifiquement français.
Pourquoi Plus de Jumeaux en France ? Les 3 Facteurs Clés
PMA et Jumeaux : Le Facteur Principal (+25% des Naissances)
La PMA constitue indéniablement le facteur principal de l’augmentation des naissances gémellaires en France. Les techniques de fécondation in vitro (FIV) et de stimulation ovarienne ont révolutionné le paysage de la reproduction humaine depuis leur introduction dans les années 1980. La fécondation in vitro jumeaux représente aujourd’hui 25-30% des naissances gémellaires en France, un lien direct entre PMA et jumeaux désormais bien documenté.
La fécondation in vitro (FIV) et le transfert d’embryons multiples
Au milieu des années 1990, environ 40% des grossesses issues de fécondation in vitro jumeaux étaient gémellaires ou multiples, contre 1% pour les grossesses naturelles. Cette technique d’assistance médicale à la procréation générait alors un nombre important de naissances multiples, répondant aux problématiques de fertilité des couples mais créant de nouveaux défis obstétricaux. Les jumeaux issus de FIV représentaient alors déjà 15 à 20% de l’ensemble des naissances gémellaires françaises.
Au milieu des années 1990, environ 40% des grossesses issues de FIV étaient gémellaires ou multiples, contre 1% pour les grossesses naturelles. Les jumeaux issus de FIV représentaient alors déjà 15 à 20% de l’ensemble des naissances gémellaires françaises. Ce pourcentage a progressivement augmenté jusqu’à représenter aujourd’hui environ 25 à 30% de toutes les naissances de jumeaux.
L’évolution des pratiques médicales depuis 2000
Aujourd’hui, le transfert d’un seul embryon (SET – Single Embryo Transfer) est devenu la norme recommandée, particulièrement pour les femmes jeunes (moins de 35 ans) et lors des premières tentatives. Cette politique a permis de réduire le taux de grossesses gémellaires issues de FIV de 40% dans les années 1990 à environ 15-20% actuellement, tout en maintenant des taux de succès équivalents grâce aux progrès techniques.
Paradoxalement, malgré cette réduction du taux de gémellité par FIV, le nombre absolu de jumeaux issus de PMA continue d’augmenter car le nombre total de cycles de FIV réalisés annuellement ne cesse de croître. En 2023, plus de 150 000 tentatives de FIV ont été réalisées en France, contre 60 000 en 2000.
La stimulation ovarienne simple
Au-delà de la FIV, les traitements de stimulation ovarienne simple (sans fécondation in vitro) prescrits pour traiter certaines infertilités augmentent également significativement les chances de grossesse gémellaire. Ces traitements, plus simples et moins coûteux que la FIV, provoquent le développement de plusieurs follicules ovariens simultanément, augmentant ainsi les chances de fécondation multiple.
On estime qu’environ 10 à 15% des naissances gémellaires actuelles résultent de stimulations ovariennes simples. Ces traitements, largement prescrits depuis les années 1980, ont contribué discrètement mais significativement à l’augmentation globale de la gémellité.
Âge Maternel et Gémellité : Le Lien Biologique Expliqué
L’élévation de l’âge maternel gémellité constitue un facteur biologique majeur, indépendant des questions de fertilité ou d’infertilité.
Les chiffres de l’évolution de l’âge maternel
En 1980, l’âge moyen à la première maternité en France était de 26,8 ans. En 2000, il atteignait 28,7 ans. En 2020, il dépassait 30,9 ans. Cette augmentation de plus de quatre ans en quarante ans peut sembler modeste, mais elle a des implications biologiques majeures sur la gémellité.
Le mécanisme biologique de la double ovulation
Avec l’âge, particulièrement après 35 ans, les femmes connaissent plus fréquemment des cycles où deux ovules sont libérés simultanément (double ovulation) au lieu d’un seul. Ce phénomène s’explique par des fluctuations hormonales liées au vieillissement ovarien. Les niveaux de FSH (hormone folliculo-stimulante) tendent à augmenter, stimulant parfois le développement de plusieurs follicules.
Une femme de 35 ans a environ deux fois plus de chances d’avoir une grossesse gémellaire dizygote (faux jumeaux) qu’une femme de 25 ans, toutes choses égales par ailleurs. Après 40 ans, ce risque triple voire quadruple. Cette réalité biologique explique qu’une femme sur 17 de plus de 35 ans donnera naissance à des jumeaux, contre une sur 80 pour les femmes de moins de 25 ans.
L’effet cumulatif âge et PMA
Ces deux facteurs s’additionnent : les femmes ayant recours à la PMA sont généralement plus âgées (âge moyen : 34 ans) que la population générale des femmes enceintes. Elles cumulent donc le risque lié à l’âge et celui lié aux techniques de reproduction, créant un effet multiplicateur sur le taux de gémellité.
Les facteurs génétiques et ethniques
Contrairement aux idées reçues, les facteurs génétiques et ethniques n’expliquent qu’une part mineure de l’augmentation observée de la gémellité en France, mais ils restent pertinents pour comprendre le phénomène dans sa globalité.
L’hérédité de la gémellité dizygote
La tendance à avoir des jumeaux dizygotes (faux jumeaux issus de deux ovules distincts) présente effectivement une composante héréditaire transmise par la lignée maternelle. Une femme dont la mère ou la grand-mère a eu des jumeaux dizygotes a environ deux fois plus de chances d’en avoir elle-même. Cette prédisposition génétique concerne environ 5 à 10% de la population féminine.
Toutefois, cette réalité génétique stable dans le temps n’explique pas l’augmentation récente de la gémellité. La fréquence des gènes favorisant la double ovulation n’a pas changé en quarante ans. En revanche, davantage de femmes porteuses de ces prédispositions atteignent aujourd’hui des âges où ces gènes s’expriment davantage (après 35 ans), créant un effet indirect.
Les variations ethniques
Les taux de gémellité naturelle varient significativement selon les origines ethniques. Les populations d’origine africaine subsaharienne présentent naturellement les taux de gémellité les plus élevés au monde (jusqu’à 4% au Nigeria), suivies par les populations caucasiennes européennes (1,2-1,5%), puis par les populations asiatiques (0,7-0,9%).
L’immigration en France de populations présentant des taux de gémellité naturelle plus élevés pourrait théoriquement contribuer marginalement à l’augmentation observée. Cependant, les démographes estiment que ce facteur explique moins de 5% de l’augmentation totale, les facteurs médicaux et démographiques dominant largement.
Les jumeaux monozygotes : une constante remarquable
À l’inverse des jumeaux dizygotes, le taux de jumeaux monozygotes (vrais jumeaux issus de la division d’un seul embryon) est resté remarquablement stable à environ 0,4% dans le monde entier et à toutes les époques. Ce phénomène apparaît aléatoire, sans lien avec l’âge maternel, l’hérédité ou l’origine ethnique.
Cette stabilité des jumeaux monozygotes confirme que l’augmentation globale de la gémellité concerne quasi-exclusivement les jumeaux dizygotes, directement liés à la double ovulation favorisée par l’âge maternel et les stimulations ovariennes.
Les implications de cette augmentation pour les familles et la société
L’impact sur les services de santé maternelle et infantile
L’augmentation de 73% des naissances gémellaires en quarante ans n’est pas sans conséquences sur l’organisation des services de santé.
Les grossesses gémellaires : des grossesses à risque
Les grossesses gémellaires sont systématiquement classées comme grossesses à risque nécessitant un suivi renforcé. Elles présentent des taux significativement plus élevés de complications : diabète gestationnel, hypertension gravidique, pré-éclampsie, hémorragies du post-partum. Les futures mères de jumeaux nécessitent en moyenne 30% de consultations et d’échographies supplémentaires comparées aux grossesses simples.
Cette augmentation du volume de grossesses à suivre de près a nécessité une adaptation des maternités françaises. Les centres périnataux de niveau 3, équipés pour gérer les grossesses à haut risque et les grands prématurés, ont vu leur activité augmenter proportionnellement.
La prématurité des jumeaux
Environ 60% des jumeaux naissent prématurément (avant 37 semaines d’aménorrhée), contre 7% pour les naissances simples. Cette prématurité entraîne des hospitalisations en néonatalogie plus fréquentes et plus longues. Le coût moyen d’une naissance gémellaire pour l’Assurance Maladie est estimé entre 15 000 et 25 000 euros, contre 3 000 à 5 000 euros pour une naissance simple.
L’augmentation de 5 000 naissances gémellaires en quarante ans représente donc un coût supplémentaire annuel de 75 à 125 millions d’euros pour le système de santé français, investissement nécessaire pour garantir la santé de ces bébés.
L’adaptation des structures
Face à cette réalité, les maternités se sont adaptées en renforçant leurs services de néonatalogie, en formant davantage de sages-femmes spécialisées dans les grossesses multiples et en développant des parcours de soins spécifiques. Certains centres hospitaliers ont même créé des consultations dédiées aux grossesses gémellaires, permettant un suivi plus personnalisé et efficace.
Les conséquences économiques et sociales pour les familles
L’arrivée de jumeaux bouleverse l’équilibre économique et organisationnel d’une famille bien plus que l’arrivée d’un enfant unique.
Le coût financier des jumeaux
Comme détaillé dans notre article dédié au budget famille avec jumeaux, élever des jumeaux coûte entre 15 000 et 25 000 euros la première année, soit presque le double du coût d’un enfant unique. L’équipement spécifique (poussette double, deux lits, double quantité de vêtements et matériel), l’alimentation, les couches et surtout les frais de garde représentent un poids financier considérable.
L’augmentation du nombre de familles avec jumeaux signifie mécaniquement qu’une proportion croissante de ménages français fait face à ces défis budgétaires. Heureusement, les aides spécifiques de la CAF (prime de naissance doublée, allocations familiales dès la naissance) atténuent partiellement ce surcoût.
L’impact sur l’emploi des mères
Les études sociologiques révèlent que les mères de jumeaux connaissent des taux de retrait du marché du travail ou de passage à temps partiel supérieurs aux mères d’enfants uniques. Les difficultés à trouver des modes de garde adaptés et abordables, combinées à l’intensité de la charge parentale, poussent davantage de mères de jumeaux à réduire ou arrêter temporairement leur activité professionnelle.
Cette réalité pose des questions sociétales sur l’accompagnement des familles de jumeaux et l’égalité professionnelle entre hommes et femmes. Certaines entreprises commencent à proposer des dispositifs spécifiques (congés parentaux allongés, télétravail facilité) pour les parents de jumeaux.
L’évolution de la perception sociale de la gémellité
De la curiosité à la normalisation
Il y a quarante ans, croiser des jumeaux relevait de l’exceptionnel et suscitait systématiquement questions et commentaires. Aujourd’hui, avec une famille sur 50 concernée, la gémellité s’est progressivement normalisée dans le paysage social français. La plupart des écoles maternelles comptent désormais au moins une paire de jumeaux par niveau.
Cette banalisation relative présente des avantages : moins de stigmatisation, meilleure compréhension des spécificités gémellaires par les professionnels de l’enfance et de la santé, développement d’une offre commerciale adaptée (équipements, vêtements, services).
Le développement d’une communauté
L’augmentation du nombre de familles avec jumeaux a favorisé l’émergence d’une véritable communauté organisée. Les associations de parents de jumeaux (Jumeaux et Plus notamment) ont multiplié leurs antennes locales. Les réseaux sociaux ont facilité la création de groupes d’entraide où les parents échangent conseils, matériel et soutien moral.
Cette solidarité gémellaire constitue une ressource précieuse pour les familles qui font face aux défis spécifiques de l’éducation de jumeaux. Le sentiment d’isolement qui caractérisait les parents de jumeaux dans les années 1980 a largement disparu.
L’influence culturelle et médiatique
La présence accrue de jumeaux dans la société se reflète également dans la culture populaire. Séries télévisées, films, publicités mettent régulièrement en scène des jumeaux, contribuant à normaliser cette réalité démographique. Des personnalités publiques et influenceuses partagent désormais ouvertement leur expérience de parents de jumeaux, démystifiant et déstigmatisant cette parentalité particulière.
Les perspectives d’évolution pour les prochaines décennies
Vers une stabilisation ou une poursuite de la croissance ?
Les démographes et spécialistes de la reproduction débattent des tendances futures du taux de gémellité en France.
Les facteurs de stabilisation possibles
Plusieurs éléments suggèrent une possible stabilisation du taux de gémellité dans les années à venir :
- La généralisation du transfert d’embryon unique : La politique de SET (Single Embryo Transfer) en FIV, désormais largement adoptée, devrait mécaniquement réduire la proportion de grossesses gémellaires issues de PMA. Si cette pratique se généralise à 100% des cycles, on pourrait observer une légère diminution du nombre absolu de jumeaux issus de PMA.
- La stagnation possible de l’âge maternel : L’âge moyen à la première maternité semble se stabiliser autour de 31 ans depuis 2020, après quarante ans d’augmentation continue. Si cette stabilisation se confirme, elle pourrait freiner la croissance du taux de gémellité liée au facteur âge.
- L’amélioration des techniques de PMA : Les progrès dans la sélection embryonnaire et l’amélioration des taux de réussite en FIV pourraient permettre de limiter encore davantage les transferts multiples sans pénaliser les chances de grossesse.
Les facteurs de poursuite de la croissance
À l’inverse, d’autres tendances suggèrent une possible poursuite de l’augmentation :
- L’augmentation continue du recours à la PMA : Malgré l’amélioration des techniques, le nombre de couples consultant pour infertilité continue d’augmenter. L’ouverture de la PMA à toutes les femmes (loi de bioéthique 2021) pourrait également accroître le nombre de cycles réalisés et donc, mécaniquement, le nombre de grossesses gémellaires, même si le taux par cycle diminue.
- Le vieillissement relatif des femmes ayant recours à la PMA : L’âge moyen des femmes en FIV tend à augmenter légèrement (34,5 ans en 2023 contre 33,2 ans en 2010), ce qui, combiné au facteur biologique de l’âge, maintient un taux de gémellité naturelle (double ovulation) élevé même hors technique.
- L’amélioration de la prise en charge des grossesses gémellaires : Les progrès médicaux réduisant les complications pourraient indirectement encourager une moindre réticence face aux grossesses gémellaires, influençant peut-être marginalement certaines décisions médicales.
Les prévisions pour 2030-2040
Les modélisations démographiques suggèrent une relative stabilisation du taux de gémellité français autour de 1,8-2% dans les deux décennies à venir, avec un nombre absolu de naissances gémellaires oscillant entre 13 000 et 15 000 annuellement selon l’évolution de la natalité globale.
Cette stabilisation masquerait toutefois une modification profonde de la composition de ces naissances gémellaires : une proportion décroissante de jumeaux issus directement de FIV (grâce au SET généralisé) mais une proportion croissante de jumeaux nés de femmes plus âgées et/ou ayant eu recours à des stimulations ovariennes simples.
Les enjeux éthiques et sociétaux de la gémellité médicalement assistée
La question du choix éclairé des couples
Un enjeu éthique majeur concerne l’information donnée aux couples sur les risques des grossesses gémellaires. Les études révèlent que certains couples sous-estiment significativement ces risques ou, au contraire, idéalisent l’idée d’avoir « deux pour le prix d’un ».
Les professionnels de la PMA ont progressivement renforcé le counseling préalable, détaillant précisément les risques médicaux, les implications organisationnelles et financières, et la réalité quotidienne d’une famille avec jumeaux. Cette information éclairée permet aux couples de prendre des décisions véritablement consenties concernant le nombre d’embryons à transférer.
Tableau détaillé : Répartition des naissances gémellaires par facteur causal
| Facteur causal principal | 1980 | 2000 | 2025 | Variation |
|---|---|---|---|---|
| Gémellité naturelle (âge < 35 ans) | 75% | 60% | 45% | -30% |
| Gémellité naturelle liée à l’âge maternel | 20% | 25% | 30% | +10% |
| PMA (FIV + stimulations) | 5% | 15% | 25% | +20% |
| Total naissances gémellaires | 9 000 | 11 500 | 14 000 | +55% |
Source : Estimations basées sur données INSEE, INED, Agence de la Biomédecine
– Agence de la Biomédecine – rapport PMAConclusion : comprendre pour mieux accompagner
La croissance spectaculaire de 73% de la gémellité en France depuis quarante ans n’est pas un phénomène mystérieux mais résulte d’évolutions sociétales et médicales profondes et documentées. Le développement de la procréation médicalement assistée et l’élévation de l’âge maternel expliquent à eux seuls plus de 90% de cette augmentation, les facteurs génétiques et ethniques jouant un rôle marginal.
Cette nouvelle réalité démographique a transformé le paysage social français : près de 300 000 jumeaux de moins de 20 ans vivent aujourd’hui en France, soit 1,8% de cette tranche d’âge. Les écoles, les services de santé, les entreprises et les politiques publiques doivent s’adapter à cette présence accrue de familles avec jumeaux. Cette nouvelle réalité démographique, qui s’inscrit dans un contexte plus large d’évolution du taux de natalité et des parcours de fertilité, a transformé le paysage social français : près de 300 000 jumeaux de moins de 20 ans vivent aujourd’hui en France, soit 1,8% de cette tranche d’âge. Les statistiques jumeaux France témoignent d’une normalisation progressive de la gémellité, portée tant par l’assistance médicale à la procréation que par la relation âge et risque de jumeaux.
Pour les futurs parents de jumeaux ou ceux qui le sont déjà, comprendre les raisons de cette croissance permet de contextualiser leur propre expérience. Vous n’êtes plus une exception rare mais faites partie d’une communauté grandissante, mieux comprise et mieux accompagnée qu’il y a quarante ans.
Les prochaines décennies verront probablement une stabilisation du taux de gémellité autour de 1,8-2%, niveau qui semble représenter un équilibre entre progrès médicaux (permettant le SET en FIV) et réalités sociétales (âge maternel élevé maintenu). Cette stabilisation ne signifie pas la fin de l’évolution : la composition des naissances gémellaires continuera de se modifier, reflétant les transformations continues de notre société.
Pour aller plus loin sur lesjums-elles.com :- Budget famille avec jumeaux : optimiser ses dépenses
- Développement du langage chez les jumeaux : particularités et stimulation
- Organisation quotidienne avec des jumeaux : planning et astuces
FAQ : La croissance de la gémellité en France
L’augmentation de 73% des naissances gémellaires depuis 1980 s’explique principalement par deux facteurs : le développement de la procréation médicalement assistée (PMA), notamment la FIV et les stimulations ovariennes qui représentent 25-30% des naissances gémellaires actuelles, et l’augmentation de l’âge maternel à la grossesse (passé de 27 ans en 1980 à 31 ans aujourd’hui), les femmes de plus de 35 ans ayant naturellement deux à trois fois plus de chances d’avoir des jumeaux dizygotes.
En 2025-2026, le taux de gémellité en France s’établit à environ 1,9%, soit près de 14 000 naissances gémellaires annuelles sur environ 735 000 naissances totales. Cela représente une naissance sur 50 environ, contre une sur 90 en 1980. Ce taux place la France dans la moyenne des pays européens développés.
Oui, la PMA joue un rôle majeur mais nuancé. Dans les années 1990, jusqu’à 40% des grossesses issues de FIV étaient gémellaires en raison du transfert de multiples embryons. Aujourd’hui, grâce à la politique de transfert d’embryon unique (SET), ce taux est descendu à 15-20%. Néanmoins, l’augmentation massive du nombre de cycles de FIV réalisés annuellement (150 000 en 2023 contre 60 000 en 2000) fait que 25-30% de tous les jumeaux français sont désormais issus de techniques de PMA.
Absolument. Après 35 ans, les femmes connaissent plus fréquemment des cycles avec double ovulation en raison de fluctuations hormonales liées au vieillissement ovarien. Une femme de 35 ans a deux fois plus de chances d’avoir des jumeaux dizygotes qu’une femme de 25 ans, et ce risque triple après 40 ans. L’augmentation de l’âge moyen à la maternité de 27 ans (1980) à 31 ans (2025) explique environ 30-40% de la croissance de la gémellité.
L’augmentation concerne quasi-exclusivement les jumeaux dizygotes (faux jumeaux). Le taux de jumeaux monozygotes (vrais jumeaux issus de la division d’un seul embryon) est resté remarquablement stable à 0,4% partout dans le monde et à toutes les époques. Toute l’augmentation provient des jumeaux dizygotes, directement liés à la double ovulation favorisée par l’âge maternel élevé et les stimulations ovariennes. Aujourd’hui, environ 70% des jumeaux sont dizygotes contre 60% en 1980.
Les démographes prévoient plutôt une stabilisation autour de 1,8-2% dans les prochaines décennies. La généralisation du transfert d’embryon unique en FIV devrait freiner les grossesses gémellaires issues de PMA. L’âge maternel moyen semble se stabiliser autour de 31 ans depuis 2020 après quarante ans d’augmentation. Ces deux facteurs suggèrent un plateau plutôt qu’une croissance continue, avec un nombre annuel de naissances gémellaires oscillant entre 13 000 et 15 000.
Les États-Unis détiennent le record parmi les pays développés avec un taux de 3,3% en 2020, soit une naissance sur 30. Cela s’explique par un recours encore plus massif à la PMA et des pratiques de transfert embryonnaire multiple plus libérales qu’en Europe. Parmi les pays européens, les Pays-Bas affichent le taux le plus élevé (environ 2,1%). Naturellement, sans PMA, certains pays d’Afrique subsaharienne comme le Nigeria présentent des taux de gémellité dizygote pouvant atteindre 4% pour des raisons génétiques.
Partiellement. Seule la gémellité dizygote (faux jumeaux) présente une composante héréditaire transmise par la lignée maternelle. Une femme dont la mère ou grand-mère a eu des jumeaux dizygotes a environ deux fois plus de chances d’en avoir elle-même, car elle peut hériter d’une prédisposition génétique à la double ovulation. En revanche, les jumeaux monozygotes (vrais jumeaux) résultent d’un phénomène aléatoire sans lien héréditaire. Cette hérédité stable n’explique pas l’augmentation récente qui découle de facteurs médicaux et démographiques.
Biologiquement, non. Les jumeaux dizygotes issus de FIV ou de stimulation ovarienne sont génétiquement identiques aux jumeaux dizygotes conçus naturellement : deux œufs fécondés par deux spermatozoïdes différents. Leur développement, leur santé et leur relation gémellaire ne diffèrent pas selon le mode de conception. La seule différence statistique concerne le taux de prématurité légèrement supérieur chez les jumeaux issus de PMA, lié davantage à l’âge maternel plus élevé et aux antécédents d’infertilité qu’à la technique elle-même.
Les grossesses gémellaires présentent des taux significativement plus élevés de complications : environ 60% de prématurité (contre 7% pour les grossesses simples), risques doublés de diabète gestationnel et d’hypertension gravidique, césariennes plus fréquentes (60% vs 20%), et hospitalisations en néonatalogie multipliées par cinq. Ces risques justifient un suivi médical renforcé avec davantage de consultations et d’échographies. Heureusement, avec une surveillance adaptée, la grande majorité des grossesses gémellaires se déroulent bien.
L’augmentation de 5 000 naissances gémellaires annuelles depuis 1980 représente un défi organisationnel et financier pour le système de santé. Le coût moyen d’une naissance gémellaire (15 000-25 000 euros) est quatre à six fois supérieur à celui d’une naissance simple, principalement en raison des hospitalisations en néonatalogie. Cela représente un surcoût annuel estimé entre 75 et 125 millions d’euros. Les maternités ont dû renforcer leurs services de néonatalogie et former davantage de professionnels spécialisés dans les grossesses multiples pour faire face à cette demande croissante.
Oui, plusieurs aides existent en France. La prime de naissance PAJE est doublée pour les jumeaux (environ 2 000 euros), l’allocation de base PAJE est versée pour chaque enfant, et les allocations familiales sont accordées dès la naissance (contrairement aux familles avec un enfant unique qui doivent attendre le deuxième). Le complément de libre choix du mode de garde (CMG) peut couvrir jusqu’à 85% des frais de garde pour chaque jumeau. La carte famille nombreuse est accessible dès trois enfants, donc dès la naissance de jumeaux si vous avez déjà un enfant.
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*Article rédigé en janvier 2026 avec les dernières statistiques de l’INSEE, l’INED et l’Agence de la Biomédecine. Données actualisées et vérifiées.
